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Crowdsourcing
Le pouvoir des citoyens au service de la biodiversité
En nourrissant les scientifiques des observations que tout un chacun peut faire sur le littoral, l'association Planète Mer espère déboucher sur des résultats concrets dans le domaine de la biodiversité. Une application rendue possible par les technologies Web et mobile.
Lire la suite...Etudier, suivre et à terme mieux protéger la biodiversité littorale grâce à la participation de tous, c'est le sens de BioLit (programme national de science participative sur la Biodiversité Littorale), que l'association Planète Mer met en œuvre avec l'appui scientifique du Muséum national d'Histoire naturelle. Un premier thème de suivi a été déterminé : les algues brunes qui recouvrent les rochers des côtes Atlantique-Manche et régressent depuis plus de 20 ans. Ces écosystèmes littoraux sont pourtant des éléments majeurs de la vie et de l'économie de nos littoraux. Si plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ce phénomène, aucune n'est aujourd'hui suffisamment renseignée.
C'est ainsi qu'est née l'idée de démultiplier les observations sur le littoral français en mobilisant et impliquant le « grand public » pour couvrir cet immense territoire et apporter aux scientifiques les données en nombre dont ils ne peuvent disposer aujourd'hui. Un pari jusqu'alors difficile sans l'apport des nouvelles technologies.
Permettre au plus grand nombre de participer à la science et à la science de bénéficier du plus grand nombre
Le programme BioLit s'appuie sur les acquis d'une start-up créée au Kenya il y a un peu plus de trois ans. Ushahidi - le nom de cette start-up, ce qui signifie "témoigner" en swahili - permet aux citoyens d'alerter, de décrire et de géolocaliser des situations dont ils sont témoins grâce à un logiciel gratuit et en libre accès. Transmises par SMS, e-mail et réseaux sociaux, les informations sont récoltées, agrégées puis interprétées pour apporter une réponse à la situation observée. C'est le « crowdsourcing » (crowd signifie foule en anglais). L'ONU ne s'y est pas trompé et a déjà utilisé cette capacité d'Ushahidi à collecter des informations essentielles lors de catastrophes humanitaires. Cette fois-ci, il s'agit de tout autre chose : mettre le crowdsourcing au service de la biodiversité.
Via un mécénat de compétences, c'est le défi que sont en train de relever les partenaires de l'association Planète Mer en créant le site collaboratif BioLit.fr grâce à une savante combinaison entre Ushahidi, plateforme collaborative, et Drupal, logiciel connu des concepteurs de sites Internet.
Le site et ses applications pour smartphones et tablettes tactiles (sous iOS et Androïd) vont permettre à chaque promeneur du littoral de saisir et transmettre ses propres observations. Ainsi, bigorneaux, patelles, moules, huitres, crabes et algues vont être sous haute surveillance grâce à trois protocoles conçus pour des publics différents : néophytes, naturalistes ou experts. Pour cet observatoire de la génération « 2.0 », de nouveaux thèmes sont déjà à l'étude. Mieux encore, le programme prévoit d'impliquer progressivement les citoyens en les associant à tous les niveaux de la démarche globale. De quoi les rapprocher un peu plus du monde de la science.
En complément :
Lire la plaquette du projet BioLit sur le site du ministère du Développement durable (PDF).
Article paru dans Le Monde.frLe Monde.frLAURENT DEBAS
"Planète Mer" Chairman
