Plongez au cœur des récifs coralliens à la découverte du fascinant requin wobbegong, aussi appelé requin-tapis barbu (Eucrossorhinus dasypogon). Appartenant à la famille des Orectolobidae, ce requin démersal (qui vit près du fond), fréquente les récifs coralliens, les lagons, les pentes récifales et les zones rocheuses peu profondes ¹. Il est présent dans l’Océan Pacifique tropical occidental, notamment au nord de l’Australie, en Nouvelle-Guinée et dans l’est de l’Indonésie ², ³. Il évolue depuis les eaux proches de la surface jusqu’à environ 50 mètres de profondeur ², ³.
Le requin wobbegong est l’une des espèces les plus singulières des récifs coralliens. Son corps aplati, sa tête large bordée d’une frange de lobes dermiques ramifiés — de petites extensions de peau souples qui évoque une barbe — et sa couleur tachetée lui permettent de se fondre dans le paysage récifal et de se camoufler efficacement ¹, ². Principalement actif la nuit, il reste généralement dans un périmètre restreint ⁴. Durant la journée, il peut rester immobile pendant de longues périodes sur le fond marin, où son camouflage le rend particulièrement difficile à repérer ².
Malgré sa taille modeste, qui peut atteindre environ 125 cm de longueur totale, le requin wobbegong est un prédateur opportuniste redoutable ⁵. Sa stratégie de chasse repose principalement sur l’affût : il attend qu’une proie s’approche avant d’ouvrir rapidement sa large bouche et de générer un flux d’eau qui l’entraîne à l’intérieur ⁵, ⁶. Son alimentation se compose surtout de poissons benthiques et d’invertébrés, notamment de crustacés et de céphalopodes ¹. Il peut aussi s’attaquer à de grandes proies : un individu d’environ 125 cm a ainsi été observé tenant dans sa gueule un requin-chabot d’environ 100 cm ⁵. Bien que généralement peu agressif envers l’être humain, le requin wobbegong peut infliger une morsure puissante s’il est dérangé ou approché de trop près.
Il est actuellement classé dans la catégorie « Préoccupation mineure » de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ⁴. Ce classement ne l’exempte toutefois pas de menaces locales : les captures accidentelles et la dégradation de ses habitats côtiers peuvent affecter ses populations ⁴. Étroitement lié aux récifs coralliens, il dépend de leur bon état pour se nourrir, s’abriter et se reproduire ¹. La préservation des récifs constitue donc également un enjeu pour sa conservation, dont la biologie reste encore peu connue. Des programmes comme Yaf Keru contribuent à protéger et restaurer les récifs coralliens dégradés, participant ainsi à la préservation des habitats dont dépend le requin wobbegong.
Crédit photo : M. Racine – Planète Mer
Bibliographie :
- Compagno, L.J.V. 2001. Sharks of the world. An annotated and illustrated catalogue of shark species known to date. Vol. 2. Bullhead, Mackerel and Carpet sharks (Heterodontiformes, Lamniformes and Orectolobiformes). FAO species catalogue for Fisheries Purposes. No. 1. Vol. 2. FAO, Rome.
- Last, P.R. and Stevens, J.D. 2009. Sharks and Rays of Australia. Second Edition. CSIRO Publishing, Collingwood, Australia.
- Corrigan, S. & Beheregaray, L.B. (2009). A recent shark radiation: Molecular phylogeny, biogeography and speciation of wobbegong sharks (family: Orectolobidae). Molecular Phylogenetics and Evolution, 52(1), 205–216. DOI :1016/j.ympev.2009.03.007.
- Rigby, C.L., Huveneers, C. & García, E. (2024). Eucrossorhinus dasypogon. The IUCN Red List of Threatened Species 2024. DOI :2305/IUCN.UK.2024-1.RLTS.T41873A124423827.en.
- Ceccarelli, D.M. & Williamson, D.H. (2012). Sharks that eat sharks: Opportunistic predation by wobbegongs. Coral Reefs, 31, 471. DOI :1007/s00338-012-0878-z.
- Kamminga, P., de Bruin, P.W., Geleijns, J. & Brazeau, M.D. (2017). X-ray computed tomography library of shark anatomy and lower jaw surface models. Scientific Data, 4, 170047. DOI :1038/sdata.2017.47.